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Intervention De S.E. M. Abdallah BAALI, Ambassadeur, Représentant Permanent Lors Du Débat Public Au Conseil De Sécurité Sur Le Th?Me: “Le Rôle Du Conseil De Sécurité Dans Les Crises Humanitaires” : Défis, Enseignements Tirés De L’expérience, Voies ? Suivre.



New York, le 12 juillet 2005

Permettez-moi d’abord, Monsieur le Ministre, de vous souhaiter la bienvenue parmi nous et féliciter votre pays et votre délégation d’avoir organisé un débat sur une question extrêmement sensible dont le Conseil de Sécurité a dû, par la force des choses se saisir, celles des crises humanitaires générées par les conflits armés.

Je remercie aussi le Secrétaire Général Adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Jean-Marie GUEHENNO, pour son exposé fort intéressant.

Monsieur le Président,

Au cours des quinze dernières années, le monde a connu de très graves conflits qui ont bouleversé la vie de dizaines de millions d’individus, provoquant des exodes massifs de populations, exposant des millions de femmes et d’enfants à toutes sortes de périls et générant des crises humanitaires souvent insoutenables.

Face à cette situation, les Nations Unies mais également le Conseil de Sécurité ont une responsabilité à assumer et un rôle à jouer aux côtés des agences et des institutions compétentes en la matière.

Ainsi la prise en charge par le Conseil de Sécurité, à travers le maintien et la consolidation de la paix, de la dimension humanitaire des crises et des conflits, est un développement dont il convient de se féliciter.

Nous nous félicitons également que la coordination entre les secteurs politique, humanitaire, militaire et socio-économique soit reconnue comme essentielle à la prévention des conflits mais aussi à l’établissement de la paix durable.

Monsieur le Président,

Les crises des quinze dernières années ont montré combien la transition entre la phase de l’intervention de la Communauté internationale et celle de la réhabilitation, du relèvement et de la reconstruction peut être fragile et parfois inadéquate.

S’il est des situations qui offrent des motifs de satisfaction quant aux avancées réalisées dans les processus transitionnels , force est de constater qu’il en il existe d’autres , et elles sont nombreuses , où les efforts déployés n’ont pas connu un succès total particulièrement dans les trois domaines clefs objet de notre débat d’aujourd’hui à savoir : Primauté du droit, réforme du secteur de la sécurité et le DDR.

Il est important que des stratégies intégrées guident notre action d’ensemble s’agissant de la gestion des situations post-conflits et le Conseil de Sécurité, dans l’élaboration des mandats confiés aux missions de maintien de la paix, peut et doit jouer un rôle de premier plan.

Ces stratégies doivent comprendre un large appui aux interventions sociales et économiques visant à éviter une reprise du conflit ainsi que des reformes dans les secteurs de la sécurité et de la justice transitionnelle, la réduction des armes légères, le désarmement et la démobilisation des anciens combattants et la protection des populations civiles, en particulier les groupes vulnérables.

Le rétablissement et le renforcement de l’état de droit, la bonne gouvernance, la promotion et la protection des droits de l’homme, l’impunité, le respect du droit humanitaire international et la propagation de la culture de la paix et de la tolérance restent fondamentaux. Renforcer les secteurs de la justice et de la sécurité dans les situations de crise ou de sortie de conflit constitue également un élément crucial. Il y a lieu de mettre l’accent, dans le même temps, sur la dimension du développement dans le processus de consolidation de la paix dans les pays en crise ou sortant d’un conflit.

Il est important, de ce point de vue, de renforcer le lien entre développement et consolidation de la paix, et c’est là une mission qui incombe à tout le système des Nations Unies.

Ceci nous amène à insister, de nouveau, sur la nécessité d’examiner en profondeur les causes à l’origine des conflits et des crises humanitaires qui secouent la planète, le continent africain en particulier et de s’atteler à les circonscrire.

Je voudrais souligner, ici, le rôle majeur que peuvent jouer une fois de plus les Organisations régionales et sous–régionales aussi bien dans la prévention des conflits que dans la consolidation de la paix.

Monsieur le Président,

La mise en oeuvre d’une approche globale de la prévention des conflits reste le moyen le plus efficace et sans doute le plus économique pour éviter les drames humanitaires que les conflits génèrent.

Pour ce faire, la Communauté internationale doit pouvoir se montrer vigilante et se tenir prête à apporter son appui aux pays vulnérables. Cet appui doit être coordonné et multidimensionnel. Il doit également être apporté à temps et se poursuivre jusqu'à ce que le danger soit définitivement écarté.

Cependant, s’il a un rôle à jouer, le Conseil de Sécurité ne peut en raison même de son mandat, prétendre tout faire en tous lieux et à tout moment.

La Commission de consolidation de la paix, dont nous discutons, aujourd’hui, du rôle, du mandat et de la place au sein de l’Organisation pourrait se révéler l’organe idoine ou s’élaboreraient et se mettraient en place les stratégies visant à traiter de manière cohérente et intégrée les situations pré-conflits ou post-conflits, y compris leurs dimensions humanitaires.

Ma délégation est prête à contribuer à cette discussion de manière ouverte et constructive.

Elle remercie, enfin, la délégation grecque du projet de Déclaration qu’elle nous a soumis et lui apporte son plein appui.

Je vous remercie.


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