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Conseil Economique et Social
Promotion De La Femme

Intervention de Son Excellence M. Abdallah Baali devant le Conseil Economique et Social sur le point 3a, intitulé: "Mise en oeuvre du Programme d'Action de Beiji



New York - le 9 Juillet 1998


Monsieur le Président,

La Conférence de Beijing aura, sans doute, constitué un moment fort et une étape marquante dans le combat de la femme pour la défense de ses droits et la quête d'égalité et de reconnaissance de son statut d'individu et de partenaire à part entière de l'homme. En effet, la Déclaration et le Programme d'action qui ont été adoptés lors de cette Conférence, après de longues et laborieuses négociations, traduisent et affichent en même temps la ferme détermination de la Communauté internationale à aller encore de l'avant dans l'amélioration de la condition de la femme dans le monde, caractérisée par des inégalités structurelles induites par des siècles de préjugés et de déni des droits fondamentaux de la femme et exacerbées par les changements importants que connaît le monde en cette fin de siècle lesquels changements ne vont pas toujours, hélas, dans le sens de la consolidation des droits de la femme.

À mi-chemin de sa naissance en 1995 et de son évaluation durant la session extraordinaire de l'Assemblée générale prévue en juin de l'an 2000, l'essor de Beijing doit donc être maintenu, poursuivi et approfondi même si le laps de temps écoulé est insuffisant pour mesurer la portée véritable des actions engagées pour la mise en œuvre du Programme d'action et pour réellement acquérir la certitude que nous sommes définitivement sur la bonne voie.

De fait, si la mise en oeuvre des décisions de Beïjing incombe, au premier chef aux Gouvernements, notre Organisation a également un rôle important à jouer, notamment dans le suivi, l'exécution et le contrôle. De la même manière, grande est sa responsabilité et majeure peut être sa contribution pour la création d'un climat propice au renforcement du cadre de la coopération internationale dans tous les domaines, y compris en ce qui concerne les questions intéressant les femmes à travers notamment le développement économique et social.

Ma Délégation voudrait, à cet égard, se féliciter des efforts déployés par le système des Nations Unies pour intégrer une démarche d'équité entre les sexes dans tous les programmes et politiques ainsi que dans les activités opérationnelles des fonds et programmes.

Il importe cependant de rappeler que les activités opérationnelles doivent être menées en concertation avec les pays concernés et en appui, s'ils en expriment la demande, aux actions inscrites dans leurs plans nationaux et en fonction des priorités qu'ils auront fixées.

En tout état de cause, lesdites opérations doivent s'inscrire dans un cadre beaucoup plus global, celui d'un plan de développement économique et social car, si la femme a des droits que nul ne prétend désormais lui dénier, elle a également des besoins - et ils sont énormes dans le monde en développement - tels que celui d'apprendre, de se soigner, de s'éduquer, de se former et d'assurer son autonomie financière.

C'est à travers la satisfaction de ces nécessités, somme toute fondamentales, que la femme pourra pleinement exercer ses droits, participer plus activement à la prise de décision et prendre ainsi peu à peu la place qui lui revient dans la vie politique, économique, sociale et culturelle de son pays.

À ce propos, ma Délégation s'interroge sur la propension, relevée dans le rapport du Secrétaire Général, qu'a un nombre de plus en plus grand d'entités des Nations Unies, notamment celles impliquées dans les activités opérationnelles, à emprunter une approche de développement un peu différente ; tout comme elle s'interroge sur la désignation auprès du résident coordonnateur, de "conseiller sexospécifiste"dans des pays "choisis". Aucune indication n'est donnée quant aux modalités présidant au "choix du pays" et sur qui doit le faire, ni sur "les critères" permettant d'évaluer "l'engagement du Gouvernement et de la société civile vis-à-vis de la plateforme d'action de Beijing". Le Secrétariat nous obligerait beaucoup en nous fournissant les explications nécessaires sur ces points qui nous préoccupent.

S'agissant du financement des mesures et décisions de Beijing, il importe de souligner que ce financement doit être assuré par des ressources additionnelles à celles consacrées au développement, soumises depuis des années déjà à une baisse inquiétante . La Communauté internationale est donc interpellée pour une mobilisation accrue des ressources nécessaires à la réalisation des objectifs de développement que Beijing a identifiés.


Monsieur le Président,

La Constitution de mon pays consacre l'égalité des droits entre les citoyennes et les citoyens, et la législation régissant les différents domaines et secteurs d'activités - éducation, formation, santé, associations, etc... - s'applique sans discrimination de sexe garantissant aux citoyens algériens les mêmes droits et les assujettissant aux mêmes devoirs.

Pour ce qui la concerne, la femme algérienne a toujours pris une part active dans la vie et l'édification de son pays. Elle a également bénéficié de l'attention et continue d'ailleurs à être au centre des préoccupations des pouvoirs publics qui œuvrent à la consolidation de la famille, en tant que cellule de base de la société, dont la cheville ouvrière et le pivot n'est autre que la femme; ainsi qu'à la promotion des droits de cette dernière.

À cet égard, mon pays qui a participé activement aux travaux de la Conférence mondiale sur les femmes à Beijing, a commencé à traduire sur le terrain les recommandations qui y ont été adoptées, conscient en cela de l'importance et du rôle de la femme dans l'édification de la société et de la nécessité de les raffermir.


C'est ainsi qu'un certain nombre de mesures ont été prises et parmi lesquelles il importe de relever en particulier:

  • la mise en place d'un Comité permanent, chargé du suivi des recommandations, composé de représentants de ministères concernés et d'organisations non gouvernementales;
  • l'installation du Conseil National de la Femme, cadre nécessaire à la concertation entre les pouvoirs publics et le mouvement associatif féminin sur l'objectif de la promotion de la femme ;
  • le soutien au mouvement associatif féminin dans le cadre de sa mobilisation dans la mise en œuvre du Programme de Beijing ;
  • l'élaboration de programmes et la mise en œuvre d'actions spécifiques en direction, entre autres, de la femme rurale...
Ainsi, à travers ces mesures, les pouvoirs publics entendent davantage consolider et promouvoir les droits de la femme, qui est l'un des acteurs primordiaux de l'action de développement national, conjuguant par là-même la quête de la modernité universelle et l'attachement aux valeurs civilisationnelles authentiques que la femme algérienne a su allier.

Je vous remercie.


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