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Version Francaise

Intervention de S.E M.Abdelaziz DJERAD,
Secretaire Général du Ministère des Affaires Etrangères,
Chef de la Délégation Algérienne aux Travaux
de la Session de Fond 2002 de l’ECOSOC
(3-26 juillet



New York le 17 juillet 2002

Monsieur le Président,

Permettez-moi tout d’abord d’exprimer ici la satisfaction de ma délégation de voir le Conseil Economique et Social inscrire encore une fois le segment humanitaire à l’ordre du jour de sa session de fond.

Le thème retenu pour ce segment à savoir “le renforcement de la coordination de l’assistance humanitaire fournie par l’Organisation des Nations Unies en cas de catastrophe naturelle et de situation humanitaire complexe, en s’attachant en particulier à atteindre les personnes vulnérables et à la phase de transition des opérations de secours à l’action de développement”, nous offre aujourd’hui cette opportunité de faire le point sur nombre de questions touchant l’action humanitaire mais aussi de réfléchir ensemble sur les défis à relever. Le rapport du Secrétaire général, soumis à nos délibérations, constitue, à ce titre, une bonne base de discussion.

Ma délégation s’associe également à la déclaration du groupe des 77 plus la Chine.

Monsieur le Président,

L’accroissement ces dernières années des situations d’urgence complexes, dues à des conflits armés ou à des catastrophes naturelles et la gestion de la “réponse humanitaire” viennent rappeler toute la complexité de la question de l’assistance humanitaire.

La réforme du secteur humanitaire des Nations Unies et les efforts accomplis pour renforcer la coordination de l’aide humanitaire au sein du système onusien ont ce mérite d’avoir prévu des mécanismes et des instruments à même d’assurer la couverture dans le temps et dans l’espace des besoins vitaux urgents de l’ensemble des situations humanitaires.

La cause humanitaire ne semble pourtant pas échapper, notamment à propos des situations complexes, aux conflits d’intérêts, aux logiques de puissance et à une sélectivité qui feint d’ignorer les principes de neutralité, d’universalité, d’humanité et d’impartialité.

Ainsi, l’on ne saurait réduire l’assistance dans des situations complexes à un simple secours momentané en pensant à s’acquitter d’un quelconque devoir moral ou en visant une catégorie donnée de personnes au détriment d’une autre. Comme le montre le rapport du Secrétaire général, la situation humanitaire dans beaucoup de régions du monde est suffisamment dramatique pour que nous prenions la mesure de la responsabilité qui nous incombe .

A cet égard, il convient de rappeler que la Résolution 46/182 adoptée par l’Assemblée générale le 19 décembre 1991 fournit le cadre de référence et les principes de base dont devrait s’inspirer la communauté humanitaire internationale dans son action d’aide aux pays victimes de situations d’urgence.

En plus, il serait plus utile, au regard des souffrances endurées, de concentrer les efforts sur les causes endogènes et exogènes des crises humanitaires qui frappent, en particulier, l’Afrique, au lieu de se livrer à des débats conceptuels stériles et de faire dans l’humanitaire « à la carte » . Je voudrais surtout faire référence ici à la notion de “culture de protection” qui reste vague et ambiguë et qui a besoin, par conséquent, d’être davantage précisée et clarifiée.

L’assistance humanitaire d’urgence revêt donc, de notre point de vue, le caractère d’un devoir de solidarité que la communauté internationale, particulièrement les pays qui sont en mesure de le faire au vu des moyens dont ils disposent, se doit de prendre constamment en charge.

Monsieur le Président,

Le Secrétaire général a beaucoup insisté dans son rapport sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources pour répondre aux besoins humanitaires. En effet, il est inquiétant de constater aujourd’hui la tendance à la baisse de ces ressources qui risque à terme de paralyser les activités humanitaires de l’ONU et réduire à néant tout le système de coordination de l’aide humanitaire d’urgence.

Ma délégation qui continue de croire que la procédure d’appel global reste le principal instrument de mobilisation des ressources aux fins de l’assistance humanitaire, est également d’avis que les Nations Unies poursuivent l’élargissement de la base traditionnelle des donateurs pour peu que soit respectée la seule cause humanitaire loin de toutes conditionnalités, pressions ou instrumentalisation.

S’agissant de la suggestion du Secrétaire Général de voir se développer un système de classification financier chargé, entre autres, de la collecte et de la diffusion d’informations sur les besoins et les contributions humanitaires, on est en droit, d’un point de vue analytique, de s’interroger sur le sens et la portée d’un tel système, au même titre d’ailleurs qu’en ce qui concerne “ la stratégie humanitaire” ou encore “les mécanismes de distribution”.

Monsieur le Président,

Comme cela a été clairement exposé dans le rapport du Secrétaire général, les catastrophes naturelles et les situations d’urgence environnementales touchent aujourd'hui de vastes régions du globe et de nombreux pays notamment ceux en développement, souvent vulnérables et manquant de moyens de prévention et de systèmes d’alerte rapides.

Mon pays qui, à l’instar d’autres pays, a été touché dans un passé récent par plusieurs catastrophes naturelles, se félicite de l’intérêt accordé par l’ONU et les autres organismes internationaux intergouvernementaux mais aussi les ONG à ces catastrophes.

Tout en réitérant la position selon laquelle les contributions à l’assistance humanitaire ne doivent pas se faire au détriment de l’aide au développement, ma délégation estime nécessaire que le système de coordination d’aide d’urgence puisse participer au renforcement des capacités nationales des pays affectés par les catastrophes.

La transition de la phase des opérations de secours à celle du développement notamment pour les pays qui émergent d’une situation de crise, mérite à notre sens l’attention de la Communauté internationale. Il s’agit d’un processus délicat et complexe que les Nations Unies et les donateurs se doivent de mener dans le cadre d’une collaboration permanente et en étroite consultation avec les autorités nationales des pays concernés.

Ma délégation ne peut que se féliciter, ici, de la création du groupe consultatif spécial du Conseil Economique et Social pour les pays africains qui sortent d’un conflit.

Pour conclure, permettez-moi, M. le Président, de dire que la problématique de l’humanitaire reste aujourd’hui entière et commande de ce fait qu’on s’attarde davantage sur le système d’assistance en vigueur mais surtout sur les normes et standards internationaux qui gagnent, à notre avis, à être enrichis. Nous formons l’espoir que le débat puisse se poursuivre tout d’abord au sein du Conseil Economique et Social, qui a une importante mission à assumer en termes de coordination et de suivi de l’action humanitaire, et à l’Assemblée Générale qui reste l’organe suprême de notre organisation.

Je vous remercie.


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