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Statement of H.E. Mr. Mourad Benmehidi, Ambassador, Permanent Representative of Algeria to the UN before the Security Council on agenda item “Maintenance of international peace and security: Mediation and settlement of disputes” (New York, April 21st, 2009).



21/04/2009

 

Monsieur le Président,

Je voudrais, dès l’abord, vous féliciter pour votre accession à la présidence du Conseil de sécurité pour le mois d’avril et vous remercier d’avoir organisé cette réunion consacrée à la médiation et au règlement des différends dans le prolongement de l’initiative bienvenue que la délégation du Burkina Faso avait prise lorsqu’elle a présidé le Conseil au mois de septembre  2008.

Le choix de ce thème  témoigne une fois de plus de la constance et la fermeté de l’engagement du Mexique au service de la paix et de la sécurité dans le monde.

Je voudrais également remercier Monsieur Pascoe, Secrétaire Général-adjoint, pour son exposé exhaustif.

Le débat d’aujourd’hui, cadré par le rapport du Secrétaire général S/2009/189 sur le développement de la médiation et le renforcement des activités d’appui y relatives, nous offre l’occasion de souligner notre appui au rôle des Nations unies pour apporter des solutions par la négociation aux problèmes posés.

Monsieur le Président,

Le règlement pacifique des différends, en plus d’être un principe directeur dans les relations internationales, est un objectif commun qui se trouve au cœur de l’activité de notre organisation. La promotion de ce mode de règlement des différends excluant le recours à la force est posée en tant que principe fondamental à l’article 2 paragraphe 3 et 4 de la Charte qui lui consacre tout le chapitre VI.

La médiation qui en fait partie  est considérée, à juste titre, comme le moyen le moins coûteux et le plus efficace pour trouver une issue constructive aux différends.

Monsieur le Président,
Depuis sa création, l’Onu a mené à travers les bons offices et médiations de ses secrétaires généraux ainsi que d’imminentes personnalités des efforts considérables pour résoudre pacifiquement les conflits dans le monde. Bien des fois, son action a été couronnée de succès mais quelques fois elle fut assimilée à un échec faute d’une bonne compréhension de la dynamique des conflits et de leurs enjeux qui, avec un peu de recul, masque un manque de préparation ou une maîtrise imparfait de l’instrumentalisation du facteur temporel, quant elle n’augure pas d’une absence volontaire d’affirmation de l’autorité de l’Onu et des principes de la Charte.
Pour pallier ces lacunes, la proposition du Secrétaire général visant à créer, dans la cadre de la restructuration globale de l’Organisation, une unité de soutien à la médiation composée d’un pool d’experts bien formé a été saluée par tous les Etats membres. Elle est, de notre point de vue, l’ancrage institutionnel d’une activité qu’il nous faut soutenir en favorisant : (i) l’amélioration de la qualité de l’appui opérationnel fournit aux médiateurs ; (ii) une bonne articulation des interventions de l’Onu avec les piliers régionaux et sous-régionaux ; (iii) une plus grande implication du Conseil de sécurité et son soutien au mandat confié au médiateur.
L’expérience nous a montré que pour être réellement efficace, la médiation, loin d’être du ressort  exclusif de l’Onu, gagne à associer une multiplicité d’acteurs joignant leurs efforts et dont les compétences seront exploitées à différents stades du processus, selon leur apport spécifique, et en tenant compte de l’avantage comparatif que leur intervention présente à la fois en termes de coût politique et matériel.
Nous sommes d’avis en outre qu’un aménagement du mode de financement des missions politiques spéciales permettra d’identifier les moyens d’optimiser l’utilisation des ressources de l’organisation à moyen et long termes.
Monsieur le Président,
L’Afrique cultive une longue tradition de la négociation et du dialogue pour résoudre les différends par des voies pacifiques. Cette culture du dialogue existait déjà au moment de la création de l’OUA, à travers la Commission de médiation, de conciliation et d’arbitrage dont l’action devait servir de complément à l’objectif de développement du continent qui était constamment entravé par la multiplication des conflits.

A sa transformation en Union Africaine, en 2002, ses pays membres ont procédé à une reconduction matérielle de certains de ses organes en prenant le soin d’intégrer dans sa nouvelle architecture institutionnelle un mécanisme semblable de gestion et de règlement des conflits adossé à un Comité des sages chargé de soutenir ses efforts avec pour objectif de prévenir le risque d’éclatement de conflits latents ou potentiels et de réunir les conditions propices à la gestion et à la résolution pacifique des conflits.

Ce mécanisme qui a constitué une première sur la scène africaine et internationale, a non seulement permis aux pays africains de donner un contenu concret à la culture de la paix qui représente une aspiration forte de l’ensemble de leurs peuples, mais a surtout donné à l’Afrique l’occasion de capitaliser une expérience considérable dans sa quête de solutions durables aux conflits.

Au moment ou l’on assiste à une augmentation sans précédent du nombre et de la taille des opérations de maintien de la paix qui ont révélé  les limites objectives de la capacité de l’Organisation à répondre à ces besoins, il devient impératif que s’opère le changement attendu depuis trop longtemps qui fasse évoluer l’Organisation d’une culture de la réaction à une culture de la prévention. La Communauté internationale dans son ensemble et le Conseil de sécurité en particulier, doivent maintenant s’engager dans une démarche résolue visant à appuyer et à consolider et à élargir cette dynamique enclenchée sur le continent africain par l’Union africaine dans laquelle les Nations Unies ne trouveront que des avantages.

Monsieur le Président,

Pour conclure, je voudrais souligner que l’Algérie qui  a toujours prôné le règlement pacifique des différends a été, maintes fois, sollicitée pour sa médiation dans des situations aussi diverses que le conflit territorial entre l’Iran et l’Irak en 1974, la crise des otages entre les Etats-Unis et l’Iran, la guerre civile au Liban et le conflit ouvert entre l’Ethiopie et l’Erythrée, ou encore les efforts en cours sur des questions sensibles à sa frontière Sud. Elle en tire l’enseignement que  toute entreprise de médiation réussie doit être conduite dans le respect des principes de la Charte et qu’elle dépend, en outre, de l’existence d’une volonté politique sans équivoque chez les parties à un différend, d’une profonde sensibilité à l’environnement de la part du médiateur et de la confiance des parties à son endroit.

Je vous remercie.


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