Algeria & the UN
 General Assembly
 Security Council
 Economic & Social Council
 Special Sessions
 Conferences
 Other Meetings
 Official Reports
 Elective Mandates
 Statements by the President of the Republic
 Ministry of Foreign Affairs
 Press Releases
Treaties & Agreements
About Algeria
Reforms in Algeria


   Home> Security Council> Algeria's Membership

Version Francaise

Statement Of H.E. Mr. Mohammed Bedjaoui, Minister Of State, Minister Of Foreign Affairs, Before The Security Council After The Adoption Of The Resolution On The Mehlis Report



New York, october 31, 2005

Monsieur le Président,

Le Conseil de Sécurité est saisi aujourd’hui du rapport de la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations Unie, établie par la résolution 1595, sur l’assassinat de l’ancien Premier Ministre Rafik HARIRI.

Je voudrais tout d’abord rendre hommage à M. Detlev Mehlis et aux membres de la Commission pour les efforts déployés en vue de faire toute la lumière sur l’odieux assassinat de Rafik HARIRI et de permettre ainsi au peuple libanais de dépasser cette pénible épreuve pour assurer la poursuite de son œuvre de reconstruction à travers la consolidation des fondements de la démocratie dont le défunt a été un des artisans les plus éminents.

Je suis persuadé que le Liban saura trouver, une fois encore et comme il a toujours su le faire face aux différentes épreuves qu’il a eu à subir durant son histoire tourmentée, les ressources nécessaires pour transcender cette conjoncture difficile, conforter sa place retrouvée dans le concert des Nations et s’ouvrir des perspectives réelles de relance économique et de développement, tout en contribuant à la promotion de la stabilité et de la sécurité dans la région névralgique du Moyen Orient.

C’est le lieu, ici, de réaffirmer l’attachement indéfectible de la l’Algerie à l’unité, à l’indépendance et à la souveraineté que le Liban a arrachées au prix de lourds sacrifices. C’est aussi le lieu d’exprimer le vœu ardent que le mal absolu qui est au cœur de notre réunion aujourd’hui soit le dernier de la chaîne ininterrompue de méfaits qui ont affligé durablement la région et y ont développé une culture de l’injustice et de l’impunité.

Le membre arabe du Conseil que j’ai l’honneur de représenter qui a, au surplus, le privilège d’assurer la présidence du Sommet des Chefs d’Etat de la Ligue des Etats arabes, voudrait dire ici haut et fort que le lâche assassinat du regretté Rafik HARIRI ne doit, sous aucun prétexte, rester impuni.

Monsieur le Président,

Cette réunion solennelle du Conseil de Sécurité doit refléter l’aspiration du peuple libanais à faire triompher la justice pour châtier les auteurs, complices et commanditaires d’un crime terroriste horrible, dans le respect de l’Etat de droit et des droits de l’homme.

C’est pourquoi, il est important que la quête de la vérité à laquelle notre Conseil apporte son soutien unanime prenne tous les caractères distinctifs d’un processus légal équitable et objectif, pétri de rigueur scientifique et d’impartialité.

Or, de l’avis même de la Commission, l’enquête n’est pas achevée. De toute évidence le rapport n’a pas encore revêtu un caractère définitif. C’est pourquoi le Conseil de Sécurité devait faire prévaloir, à ce stade, une nécessaire prudence en appréhendant les témoignages et les premiers éléments circonstanciels de preuves ou d’indices avec précaution et en évitant de substituer un préjugé de culpabilité à la présomption d’innocence.

Soucieux de sa crédibilité et respectueux du professionnalisme de la Commission, le Conseil de Sécurité se devait donc d’éviter toute décision hâtive ou prématurée sur le fond. Il avait pour devoir premier et dernier, en cette étape pour ainsi dire procédurale, de renforcer les moyens de la Commission d’enquête pour l’accomplissement de son mandat. En particulier, c’est à juste titre que, dans ce cadre précis, il a appelé la Syrie à une coopération totale et loyale avec la Commission d’enquête.

L’invitation pressante du Conseil a été déjà entendue. Nous ne pouvons à cet égard que nous féliciter de la volonté réaffirmée par la Syrie au plus haut niveau de l’Etat de coopérer entièrement avec la Commission. Et l’adoption de la résolution sous l’empire du Chapitre VII suffisait pour assurer la pleine coopération de la Syrie.

De même, nous avons toujours pensé que la résolution devait rester centrée sur les moyens d’aider la Commission d’enquête a parachever son œuvre et non point déborder de ce cadre judiciaire, notamment en brandissant la menace trop prématurée de sanctions.

Il était tout aussi inapproprié et hors du cadre logique de cette résolution que d’y appeler la Syrie à cesser tout soutien à ses actions terroristes. Des problèmes de cette nature, dont l’évocation rompt la cohérence interne de la résolution, pouvaient être examinés et traités dans un tout autre contexte que celui d’à présent.

Bien que bon nombre de nos préoccupations aient été prises en compte par les co-auteurs de la résolution à présent adoptée, et je voudrais les en remercier très vivement, je voudrais résumer comme suit notre lecture de la résolution :

1- Des éléments politiques qui n’ont aucun lien direct ou indirect avec l’enquête et qui de surcroît incriminent la Syrie sans preuves probantes et de manière anticipée, ce qui nuisait à la cohérence interne de la résolution, ont été heureusement évités. 2- De même, a été supprimée la menace de sanctions contre la Syrie sous l’empire de l’article 41 de la Charte qui etait à la fois prématurée et superflue dès lors que la résolution adoptée dans le cadre du chapitre VII de la Charte est par elle-même déjà impérative. 3- Il reste toutefois, que le Conseil a investi la Commission d’enquête de pouvoirs exorbitants au regard de la lettre et de l’esprit de la résolution 1595, étant donné la capacité ainsi reconnue à la Commission de soumettre directement au Conseil les noms de suspects en vue de leur imposer des sanctions, ou encore de décider du lieu et des modalités d’interrogatoire de responsables syriens ou autres.

Monsieur le Président,

Le Conseil de Sécurité avait, en cette affaire, une occasion précieuse de cesser d’être associé, dans la conscience collective des peuples arabes, à la précipitation vers l’adoption de décisions aux conséquences négatives incalculables lorsqu’il s’agit d’instruire le procès d’une partie arabe, ce qui contraste avec l’inertie lorsqu’il s’agit de mettre ses pouvoirs au service d’une cause arabe à la justesse indiscutable.

Dans le même temps, c’est avec la même vigueur que la conscience arabe collective meurtrie par tant de tourments au Moyen Orient, se soulève spontanément comme un surcroît d’abcès de fixation dans le corps d’une nation arabe travaillée déjà en profondeur par tant de déchirements et par tant de frustrations.

Il est de la plus haute importance que la Syrie, Etat membre des Nations Unies, soit, à ce stade et nonobstant la variété des lectures possibles du rapport dont notre Conseil est saisi, considérée comme partie à la solution et non pas comme partie du problème. Acceptons donc l’offre de coopération avec la Commission d’enquête, à laquelle le Chef d’Etat syrien vient de s’engager et faisons confiance à la rigueur morale, au professionnalisme et l’impartialité de la Commission. Prenons ainsi toute la Communauté Internationale à témoin de ce que le Conseil de Sécurité se soit résolument mis au service de la justice et du droit. Cultivons ainsi dans le cœur de tous les hommes, singulièrement à travers un Moyen Orient trop souvent soumis à l’arbitraire de la force, l’espérance et la promesse d’une justice égales pour tous, loin de la raison d’Etat. Faisons en sorte que le sang généreux de Rafik HARIRI, soit la sève nourricière du Liban exemplaire par sa convivialité et sa cohésion, ainsi que d’un Moyen Orient de paix, de justice et de sécurité dont le défunt avait caressé le rêve majestueux. Ce n’est qu’ainsi que la mémoire de Rafik HARIRI, pourrait être valablement honorée.

Je vous remercie.


Copyright © 2005 Mission of Algeria to the U.N. All rights reserved.