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Intervention de SEM Abdallah BAALI, Ambassadeur, Représentant Permanent devant le Conseil de Sécurité sur la Situation en Afghanistan.



New York le 25 aout 2004

Permettez-moi de vous faire part de notre profonde sympathie et de nos sincères condoléances à la suite des deux catastrophes aériennes qui ont endeuillé hier tant de familles en Russie.

Permettez-moi, ensuite, de souhaiter la bienvenue à M. Jean Arnault et de le remercier pour sa brillante présentation du rapport du Secrétaire Général sur la situation en Afghanistan et pour les informations précieuses qu’il nous a fournies en particulier concernant les échéances électorales à venir et les enjeux dont celles-ci sont porteuses.

Monsieur le Président,

Le processus de paix en Afghanistan se trouve aujourd’hui dans une phase cruciale, peut-être la plus cruciale, avec la tenue des premières élections présidentielles, le 09 octobre prochain et des législatives en avril 2005. Ces élections tant attendues par le peuple afghan en ce qu’elles permettront au pays d’asseoir les premières bases de la démocratie et d’aller vers la stabilité politique et institutionnelle, constituent une étape importante pour la poursuite du processus de Bonn. Nous espérons que cet exercice démocratique, débouchera sur la mise en place d’un Gouvernement représentatif et qu’il se tiendra dans des conditions optimales d’équité et de transparence mais également de sécurité dont l’importance pour la tenue et le succès des élections n’est pas à démontrer.

Nous nous félicitons, à cet égard, du succès du taux d’inscription qui a atteint la barre des 10 millions d’inscrits dont 41% de femmes et qui illustre, à l’envi, la volonté du peuple afghan de s'impliquer entièrement dans le processus de reconstruction de son pays. Un hommage particulier doit, à ce propos, être rendu aux membres de la Mission d'Assistance des Nations unies en Afghanistan, en particulier les agents électoraux, qui ont fait un travail remarquable dans des conditions extrêmement difficiles et parfois au péril de leur vie.

Monsieur le Président,

Nous saluons les progrès enregistrés par le Gouvernement afghan dans la mise en œuvre du Plan de travail adopté lors de la Conférence de Berlin, en particulier dans les domaines de l’administration publique, de la gestion budgétaire et du développement économique et social. Toutefois, l’accent doit être mis sur l’élimination de la pauvreté, le renforcement de l’Etat de droit ainsi que la promotion et la protection des droits de l’homme.

Nous observons que la situation sécuritaire demeure plus que préoccupante et, en fait, nous assistons à une dégradation continue de cette situation qui risque de peser négativement sur le déroulement des élections voire de fragiliser le processus de paix et d’entraver les initiatives de reconstruction. Les zones du sud et du sud-est, où les talibans et d’autres groupes extrémistes demeurent militairement actifs, ont connu une recrudescence d’attaques contre les éléments de la police, l’Armée Nationale Afghane et le personnel d’organismes humanitaires entraînant, entre autres, le retrait de « Médecins sans Frontières » dont l’action était appréciée par l’ensemble de la population. Ces attaques ont privé la population des bénéfices de la reconstruction et ont eu pour effet de ralentir le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion. Les tensions liées à l’existence de factions sont une autre source d’inquiétude, dans le nord et l’ouest du pays considérées auparavant comme des régions à faible risque et où de graves actes de violences ont été commis.

Il est, de ce fait, urgent de mettre en œuvre vigoureusement le programme de désarmement, démobilisation et réinsertion, d’accélérer les opérations de regroupement des armes lourdes vu que les progrès réalisés dans ces domaines ont été insuffisants, de renforcer l’Armée Nationale Afghane, et d’élargir la présence des forces internationales.

Monsieur le Président,

Un autre facteur de déstabilisation du processus politique est la production et le trafic illicite de stupéfiants qui constituent une grave menace au développement et à la sécurité de l’Afghanistan et requièrent un appui plus renforcé aux mesures d’éradication et d’interdiction prises par le Gouvernement afghan pour mettre un terme au développement de la culture illicite du pavot. Il conviendrait également d’encourager la promotion de cultures alternatives ainsi que la collaboration entre l’Afghanistan et ses voisins pour la création d’une zone de sécurité autour de ses frontières.

Enfin, l’appui international doit se poursuivre au plan de la sécurité afin de mener à son terme le processus lancé par l'Accord de Bonn et d’assurer le succès des élections à venir. Il est également indispensable de s’employer à décourager la violence venant des factions, de faciliter le déploiement des forces de sécurité afghanes et de les aider à mettre un terme au trafic illicite de drogues. À cet égard, la décision prise par l’OTAN d’accroître les forces déployées en Afghanistan est, comme l’indique le Secrétaire Général dans son rapport, très encourageante. Il est, cependant, important qu’elle soit rapidement mise en œuvre et le plus rapidement sera le mieux.

- Je vous remercie -


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