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Version Francaise

Intervention de S.E M. Abdallah BAALI, Ambassadeur, Représentant Permanent devant la Commission de la Condition de la Femme



New York le 3 mars 2004

Madame la Présidente,

Il me plait, dès l’abord, de vous adresser mes félicitations les plus chaleureuses à l’occasion de votre élection à la Présidence de cette importante Commission. Sous votre direction éclairée et avec la précieuse contribution des autres membres du Bureau, nos travaux ne peuvent être, nous en sommes convaincus, que fructueux et réussis.

Madame la Présidente,

La 4 ème Conférence mondiale sur les femmes a incontestablement marqué un tournant dans la poursuite des objectifs de développement, de paix et d’égalité. Elle est venue couronner un combat, aussi long que douloureux, livré par les femmes du monde pour la reconnaissance de leurs droits sinon de leur statut de personne à part entière que rien ne doit différencier de l’homme, ni en droits ni en obligations.

Avec des fortunes diverses, l’on s’est attelé, tant au plan national qu’international, et dans un environnement souvent difficile, à traduire, dans les faits, les engagements pris à Beijing en mettant en place des politiques et des programmes qui intègrent davantage une dimension sexospécifique visant à assurer à la femme l’égalité des chances et d’opportunités dans tous les domaines d’activités.

Quel bilan peut-on objectivement dresser de la mise en œuvre de la déclaration et du Programme d’action de Beijing et du document final de la 23 ème session extraordinaire de l’ Assemblée générale ?

Une année nous séparant de Beijing + 10, le débat est donc lancé. Il s’agit pour nous, de mesurer le chemin parcouru mais aussi de réfléchir sur les politiques, programmes et autres initiatives à même de garantir une meilleure prise en charge, tant au niveau national qu’international, des droits fondamentaux de la femme.

Nous sommes, à ce titre, témoins des efforts méritoires que le système des Nations Unies entreprend pour réaliser la part qui lui incombe dans cet effort collectif.

Il convient, surtout, de saluer l’action de la Commission de la condition de la femme pour la sensibilisation de la communauté internationale aux problèmes de la femme et pour la formulation de recommandations qui sont autant d’orientations pour leur prise en charge.

Madame la Présidente,

S’il est une région où la situation de la femme a atteint un niveau de gravité, à tous égards, insoutenable, c’est bien l’ Afrique où la femme est la première à subir les contrecoups des problèmes multidimensionnels que connaît le continent, à la tête desquels se trouvent le sous développement chronique et son corollaire l’extrême pauvreté mais aussi les effets des conflits armés. Déjà bien précaire, la vie de ces femmes est encore plus fragilisée par la rareté, sinon l’absence des services de base, l’analphabétisation ou, depuis quelques années, par la pandémie du SIDA.

Le cas de la femme africaine mais aussi celui des centaines de millions de femmes de par le monde qui vivent avec moins d’un dollar / jour viennent rappeler la nécessité d’intégrer dans le suivi et la mise en œuvre de Beijing les résultats des sommets mondiaux et conférences des Nations Unies portant sur les questions sociales, économiques et financières internationales.

Je ne terminerai pas ce chapitre sans évoquer la condition de la femme sous occupation étrangère et en particulier celle de la femme palestinienne, rendue encore plus difficile avec la poursuite par Israël de sa politique de bouclage des territoires et plus récemment avec la construction, illégale, d’un mur de séparation.

Madame la Présidente,

Depuis la Conférence de Beijing pour la réussite de laquelle elle s’était pleinement investie, l’ Algérie s’est employée avec détermination, dans des conditions parfois difficiles, à appliquer la déclaration et le plan d’action en élaborant un vaste plan national et en mobilisant d’importantes ressources particulièrement dans les domaines de l’éducation , de la santé et de l’intégration professionnelle dont les indicateurs sont fort probants .

En fait et dès son indépendance, l’ Algérie , attachée à ses valeurs civilisationnelles mais tournée vers la modernité, a pris des mesures assurant aux femmes, sans distinction par rapport à l’homme, la participation à la vie politique, économique et sociale.

Le Gouvernement entend, aujourd’hui, consolider et promouvoir davantage les droits de la femme et parmi les mesures prises récemment on citera la création, en Juin 2002, d’un Ministère délégué chargé de la famille et de la condition de la femme et la mise sur pied par le Président de la République, en octobre 2003, d’une Commission chargée de la révision du code de la famille.

Les pouvoirs publics s’intéressent également, de près, au phénomène de la violence à l’égard des femmes qui reste, comme dans beaucoup d’autres sociétés, du domaine de l’inavoué et du tabou.

Militante, la femme algérienne a su s’imposer par sa détermination et son courage dans le noble combat pour la liberté et l’indépendance nationale. Ceci l’a naturellement amenée à participer activement à la reconstruction du pays, au développement du mouvement associatif, à l’émergence d’une véritable société civile et à la résistance, lors de la dernière décennie, au terrorisme et aux idéologies moyenâgeuses et rétrogrades qu’il véhiculait.

Permettez-moi enfin de réitérer le ferme engagement des autorités de mon pays à mener, jusqu'à son terme, le processus d’émancipation de la femme algérienne, fortes de la conviction que l’ Algérie de demain ne peut être que celle de tous les algériens, sans exclusion ni discrimination, c’est à dire une Algérie ou la femme exercera tous ses droits dans la liberté, l’égalité et la dignité.

Je vous remercie


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