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Version Francaise

Intervention de S.E.M. Abdallah BAALI, Ambassadeur, Représentant Permanent sur la promotion et la protection des droits des enfants.



New York le 20 octobre 2003

Monsieur le Président,

S’il est un témoignage fort de l’intérêt et de l’importance que la communauté internationale attache à la protection de l’enfant, c’est bien celui que constitue l’adhésion quasi universelle dont bénéficie aujourd’hui la convention relative aux droits de l’enfant.

La session extraordinaire de l’Assemblée générale sur les enfants, tenue il y a plus d’un an, a vu le consensus international autour des droits de l’enfant renforcé, mais nous a aussi permis d’évaluer ensemble le chemin parcouru depuis le sommet mondial pour les enfants de 1990 et réfléchir sur les perspectives d’un monde qui soit véritablement digne des enfants.

Si nous ne pouvons, à cet égard, que nous réjouir des conclusions très prometteuses de cette session et des avancées non négligeables réalisées dans la prise en charge de la problématique des droits de l’enfant, nous ne pouvons malheureusement, dans le même temps, ignorer que la situation de l’enfant demeure, à bien des égards, encore fort précaire sinon préoccupante dans nombre de pays à travers le monde.

En effet, en ce début du 3ème millénaire, des millions d’enfants continuent de vivre dans des conditions infra-humaines .Parce qu’ils sont les plus vulnérables, les enfants sont aujourd’hui les principales victimes de la pauvreté, des pandémies et des conflits armés. Livrés à la rue, chassés des bancs d’écoles ou embrigadés en tant qu’enfants soldats, des millions d’enfants se retrouvent soumis à toutes les formes d’exploitation et dépossèdés de leur innocence comme nous le rappellent, de temps à autre, des images ou des reportages insoutenables qui viennent nous interpeller au plus profond de nous - mêmes sur nos responsabilités à leur égard.

Rendre leur dignité à ces millions d’enfants, partout dans le monde, passerait impérativement par une réelle prise en compte des droits économiques et sociaux car , on ne le répétera jamais assez , les droits de l’homme c’est aussi avoir accès à l’éducation , aux soins médicaux , à l’alimentation, à l’eau et à un toit.

Monsieur le Président , L’Afrique, où la situation des enfants est des plus dramatiques, a déjà pris conscience de la problématique en se dotant d’une charte des droits et du bien être de l’enfant. La nouvelle initiative africaine pour le développement ( NEPAD ) a également vocation à servir de cadre global de cristallisation de mesures à même d’éradiquer les causes socio-économiques qui entravent l’épanouissement de l’enfant africain.

L’Afrique ne peut , cependant , à elle seule faire face à tous les défis d’autant que , si elle en a la volonté , les moyens lui font défaut.

Il s’agira ainsi pour nous tous , de conjuguer nos efforts pour, à la fois, réduire les effets négatifs de la mondialisation sur les pays en développement, réaliser les objectifs du sommet mondial du développement durable et restructurer l’action de la communauté internationale autour de la question du droit au développement.

Monsieur le Président,

Dès son indépendance, l’Algérie a mis l’enfant au centre de ses préoccupations comme de sa politique économique, culturelle et sociale .

L’Algérie a procédé en 1993 à la ratification de la Convention relative aux droits de l’enfant confortant ainsi une législation nationale tout entière orientée vers le plein épanouissement de l’enfant.

L’Algérie a consenti des moyens considérables et a déployé des efforts gigantesques pour promouvoir les droits fondamentaux des enfants. C’est ainsi qu’elle a mis en œuvre des plans d’action intersectoriels, coordonnés et intégrés qui ont visé en particulier la réduction de la mortalité infantile, l’amélioration du statut nutritionnel de l’enfant , la promotion de l’accès universel à l’éducation fondamentale et l’assistance aux enfants vivant dans des conditions difficiles .

La politique suivie par les pouvoirs publics dans le domaine médical et scolaire a permis de réaliser d’importants progrès. Ainsi, le taux de mortalité de l’enfant de moins de 5 ans a été ramené, en moins de trois décennies, de 243 à 60 pour mille .

De la même manière, les lourds sacrifices consentis dans le domaine de l’enseignement font qu’aujourd’hui, le taux d’inscription dans les écoles primaires a atteint 99% pour les garçons et 89% pour les filles.

L’Algérie, qui a pris une part active au processus ayant conduit à la tenue de la 27ème session spéciale de l’Assemblée générale consacrée aux enfants, ne ménagera aucun effort pour la mise en œuvre du plan d’action adopté lors de cette session.

Monsieur le Président,

Parce que l’enfant est, par essence, un être vulnérable qui dépend, à tous égards, de nous et qu’il faut donc prendre en charge, son sort, où qu’il soit, nous interpelle et nous concerne donc désormais tous. C’est notre obligation en tant qu’adultes et notre responsabilité en tant qu’Organisation.

Je vous remercie.


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